
À l’approche comme le jour de la fête marquant la fin du Ramadan, les rues, marchés et quartiers de N’Djamena se transforment en véritables vitrines sucrées. Sur les bords du goudron, dans les coins des quartiers et aux abords des marchés, des seaux plastiques remplis de cakes multicolores attirent irrésistiblement les passants.
À N’Djamena, la commercialisation des cakes et gâteaux est devenue une activité incontournable à chaque fête de Ramadan. Présentés dans des seaux transparents ou colorés, ces petites douceurs, dibla, khireba, boules sucrées ou encore gâteaux modernes offrent un spectacle visuel aussi appétissant que festif. Le long des routes bitumées, dans les marchés animés ou devant les concessions, les vendeuses, majoritairement des femmes, exposent leurs produits avec soin.
Cette activité saisonnière représente pour elles une véritable opportunité économique. Certaines affirment même que la vente de cakes leur permet de doubler leurs revenus pendant cette période et de subvenir aux besoins de leurs familles. « C’est notre moment. Pendant la fête, on peut vendre rapidement tout ce qu’on prépare », confie Amina, vendeuse au quartier Chagoua. Comme elle, de nombreuses femmes se lancent dans la fabrication artisanale plusieurs jours avant la fête, jonglant entre cuisine, approvisionnement et vente.Au-delà de l’aspect économique, ces cakes sont devenus un élément essentiel de la célébration.
Dans les foyers tchadiens, ils garnissent les plateaux destinés à accueillir les invités, symbolisant hospitalité et partage. Du côté des acheteurs, les impressions sont diverses mais convergent vers un même constat : impossible de célébrer la fête sans ces douceurs. « Même si les prix augmentent, on est obligés d’acheter pour recevoir dignement nos invités », explique Halima, mère de famille rencontrée au marché central. Cette réalité est d’autant plus marquée que les coûts des ingrédients comme la farine, l’huile ou le sucre influencent directement les prix des gâteaux.
Les jeunes consommateurs, eux, apprécient surtout la variété et les couleurs. « On aime les cakes bien décorés, avec différentes formes et goûts. Ça donne envie de goûter à tout », lance Moussa, sourire aux lèvres, un sachet à la main.Malgré la conjoncture économique parfois difficile, la demande reste forte. Les clients affluent en masse, surtout la veille et le jour de la fête, créant une ambiance animée et conviviale dans toute la ville.
Entre tradition, débrouillardise et esprit festif, les cakes multicolores incarnent à N’Djamena bien plus qu’une simple gourmandise : ils sont le symbole d’une fête partagée et d’un commerce vital. Le temps d’une célébration, ces seaux sucrés deviennent ainsi le reflet d’une économie locale dynamique et d’une culture profondément ancrée dans le cœur des habitants.
