
À l’occasion de la Semaine nationale de la femme tchadienne, les discours et les célébrations se multiplient à travers le pays. Mais au-delà des cérémonies officielles et des photos, certaines voix appellent à regarder la réalité quotidienne des femmes.
C’est le cas de Salima Saleh Mahamoud, présidente de l’Association La Voix de la Femme pour la Médiation, la Réconciliation et le Leadership Féminin dans la province du Ouaddaï.
Selon elle, chaque année, la femme tchadienne est célébrée à travers des discours, des applaudissements et des cérémonies symboliques. On porte des pagnes commémoratifs et on immortalise les moments devant les caméras.
Mais derrière ces festivités, la réalité reste souvent différente.
Dans certains quartiers, des femmes vivent encore dans le silence après avoir subi des violences qu’elles n’osent pas dénoncer. Dans des villages reculés, des mères se battent chaque jour pour trouver de quoi payer les cahiers et la scolarité de leurs enfants.
Au marché, des vendeuses travaillent sous un soleil brûlant, sans protection ni sécurité. Et devant les tribunaux, des veuves attendent parfois longtemps que leurs demandes de justice soient entendues.
Pour Salima Saleh Mahamoud, ces femmes ne sont pas celles que l’on voit sur les photos officielles. Pourtant, ce sont elles qui incarnent la véritable réalité de la femme tchadienne, dans son quotidien et dans ses luttes souvent invisibles.
Un appel est ainsi lancé pour que la célébration de la femme tchadienne dépasse les symboles et se traduise par des actions concrètes en faveur de leurs droits, de leur protection et de leur autonomisation.
