Santé : Des cadres de l’État formés pour inverser la tendance et lutter contre la malnutrition au Tchad

Face à une malnutrition persistante qui menace la santé des populations et freine le développement du pays, le gouvernement tchadien intensifie ses efforts. Ce mardi 10 mars 2026, le Ministère de la Santé publique et de la Prévention a lancé à N’Djamena un atelier de formation destiné aux fonctionnaires et agents de l’État afin de renforcer les compétences nationales dans la lutte contre ce fléau.

Organisé par la Direction de l’alimentation et de la nutrition appliquée avec l’appui de partenaires techniques et financiers, cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet FORMAT-NUT. L’initiative vise à doter les cadres de l’administration, tant au niveau central que déconcentré, des compétences techniques nécessaires pour renforcer et étendre les interventions nutritionnelles à travers le pays.

La malnutrition demeure en effet un défi majeur de santé publique au Tchad. Les résultats de l’enquête nationale de nutrition SMART de 2022 indiquaient un taux de malnutrition aiguë globale de 8,6 % au niveau national, un niveau inférieur au seuil d’alerte de 10 % fixé par l’Organisation mondiale de la Santé. Toutefois, ces données masquent d’importantes disparités entre les provinces.

Plus récemment, les résultats de l’enquête SMART 2024 révèlent une situation encore plus préoccupante. Selon Abdoulaye Hassan, la prévalence nationale de la malnutrition aiguë atteint désormais 10,8 %, dépassant ainsi le seuil critique établi par l’OMS. Une situation particulièrement inquiétante dans la bande sahélienne, malgré les efforts engagés par le gouvernement et ses partenaires.

Au nom des hautes autorités, Abdoulaye Hassan a rappelé l’engagement du président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno, qui considère la lutte contre la malnutrition comme une priorité nationale. Il a souligné que ce problème constitue non seulement une urgence sanitaire, mais également un frein majeur au développement socio-économique du pays.

L’un des principaux obstacles à l’efficacité des politiques publiques reste, selon lui, la faible compréhension des causes profondes de la malnutrition. Celles-ci relèvent de plusieurs secteurs à la fois : santé, agriculture, élevage, éducation et environnement. D’où la nécessité d’adopter une approche multisectorielle et intégrée.

Dans cette optique, le renforcement des capacités des ressources humaines et organisationnelles apparaît comme une étape essentielle. Cet atelier vise ainsi à briser les cloisonnements entre les secteurs et à favoriser une réponse coordonnée et durable face au double fardeau de la malnutrition.

Pour sa part, Youssouf Adoum Fadoul, membre du comité d’organisation du projet FORMAT-NUT, a salué la forte mobilisation des participants issus des différentes directions, programmes nationaux et centres hospitaliers. Il a présenté cette initiative comme un outil concret contribuant à l’atteinte des Objectifs de développement durable et à la vision nationale « Le Tchad que nous voulons » à l’horizon 2030.

Il a également exhorté les participants à faire preuve de ponctualité et d’assiduité afin de garantir le succès de la formation, tout en exprimant la gratitude du gouvernement tchadien envers ses partenaires, notamment l’Union européenne et le Programme alimentaire mondial, pour leur soutien constant dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.

À travers cette formation stratégique, le Tchad entend renforcer les compétences de ses cadres et bâtir une réponse plus coordonnée contre la malnutrition. Un pas important vers l’amélioration durable de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et vers un avenir où chaque enfant pourra grandir en meilleure santé.

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