
À l’approche de la fête de Aïd el-Fitr, les salons de coiffure de N’Djamena ne désemplissent pas. Entre files d’attente interminables et prestations en chaîne, les coiffeuses enregistrent une hausse remarquable de leur chiffre d’affaires, portée par l’engouement des femmes musulmanes soucieuses d’être resplendissantes le jour J.
Dans plusieurs quartiers de la capitale tchadienne, les scènes sont similaires : des femmes assises en rang, patientant parfois pendant des heures pour accéder aux services de beauté. Coiffure, manucure, pédicure, soins du visage… tout y passe pour se préparer à célébrer dignement la fin du mois de Ramadan.
« Je suis venue très tôt ce matin, mais il y avait déjà du monde. C’est important pour moi d’être bien coiffée et soignée pour la fête », confie Aïcha, une cliente rencontrée dans un salon du quartier Moursal. Comme elle, de nombreuses femmes n’hésitent pas à attendre longuement pour bénéficier des services, malgré la fatigue liée au jeûne.
Du côté des coiffeuses, cette période est synonyme de forte activité et de rentrées financières conséquentes. « Pendant le Ramadan, surtout à la veille de la fête, nous travaillons sans arrêt. Parfois, nous fermons très tard dans la nuit », explique Mariam, gérante d’un salon. Elle ajoute que ses revenus peuvent doubler, voire tripler durant cette période.
Les prix des prestations connaissent également une légère hausse en raison de la forte demande. Une coiffure simple peut coûter entre 2 000 et 5 000 FCFA, tandis que les modèles plus sophistiqués atteignent 10 000 FCFA ou plus. La manucure et la pédicure varient entre 1 500 et 3 000 FCFA chacune, et les soins du visage oscillent autour de 3 000 à 7 000 FCFA selon les produits utilisés.Malgré ces tarifs parfois élevés, les clientes restent compréhensives. « C’est une fois dans l’année, on peut faire cet effort pour être belle », affirme Halima, sourire aux lèvres.
Certaines y voient même un moment de détente et de convivialité, où les échanges et les rires font oublier l’attente.Ainsi, à chaque fin de Ramadan, les salons de coiffure deviennent de véritables carrefours de beauté et d’effervescence à N’Djamena.
Entre patience des clientes et labeur intense des coiffeuses, cette période festive se transforme en une opportunité économique précieuse, où chacun trouve son compte dans l’éclat des préparatifs de l’Aïd.
