
Depuis plusieurs jours, la capitale tchadienne suffoque sous une chaleur extrême oscillant entre 40 et 45°C. Entre risques sanitaires accrus, coupures d’eau et d’électricité et recrudescence de maladies, les habitants de N’Djamena vivent une épreuve quotidienne qui met à nu les limites des infrastructures urbaines.
À N’Djamena, la chaleur n’est plus seulement inconfortable, elle devient dangereuse. Dès les premières heures de la matinée, le mercure grimpe à des niveaux alarmants, rendant l’air lourd et difficile à respirer. Les rues se vident progressivement à mesure que le soleil s’impose, contraignant commerçants, travailleurs et élèves à adapter leurs activités.
Dans les centres de santé, les consultations liées à la chaleur explosent. Déshydratation sévère, coups de chaleur, fatigue extrême : les médecins tirent la sonnette d’alarme. « Nous recevons de plus en plus de patients, notamment des enfants et des personnes âgées. Certains arrivent dans des états critiques faute d’hydratation suffisante », confie Saleh Moussa, un médecin généraliste de centre de santé d’Abbena.
Il souligne également une augmentation des cas de paludisme et d’infections diarrhéiques, aggravées par la consommation d’eau non potable et la dégradation des conditions d’hygiène.La situation est d’autant plus préoccupante que la canicule s’accompagne de délestages récurrents en eau et en électricité.
Dans plusieurs quartiers, les robinets restent à sec pendant des heures, voire des jours. « On ne dort plus la nuit. Sans ventilateur, la chaleur devient insupportable. Et sans eau, c’est encore pire », témoigne Amina, habitante du quartier Moursal.Les coupures d’électricité empêchent également la conservation des aliments et des médicaments sensibles à la chaleur.
Dans les pharmacies et les ménages, cette situation pose de sérieux risques sanitaires. « Certains médicaments perdent leur efficacité lorsqu’ils sont exposés à de fortes températures », explique un pharmacien, inquiet pour ses patients.Dans les marchés de la ville, les vendeurs observent aussi les effets de cette canicule.
Les denrées périssables se détériorent rapidement, entraînant des pertes économiques importantes. « Même l’eau qu’on vend devient tiède en quelques minutes. Les clients se plaignent, mais nous n’avons pas de solutions », déplore un commerçant.
Face à cette situation, les habitants tentent de s’adapter comme ils peuvent : multiplication des bains, consommation accrue d’eau, lorsqu’elle est disponible et recherche d’ombre à tout moment de la journée. Mais ces stratégies restent insuffisantes face à l’intensité de la chaleur.Cette vague de chaleur extrême agit comme un révélateur des vulnérabilités de N’Djamena.
Entre urgence sanitaire et défaillances structurelles, la capitale tchadienne se retrouve confrontée à un défi majeur qui appelle des réponses rapides et durables pour protéger sa population, aujourd’hui plus que jamais exposée.
