
À l’occasion de la journée internationale de la langue de signes, célébrée chaque 23 septembre , votre journal Courrier Féminin a réalisé un entretien avec DJERANÉ MALACHIE, fils de feu Alladoum Samuel le président fondateur de l’Association Nationale des Déficients Auditifs au Tchad ANDAT et le Directeur fondateur des écoles spécialisées des sourds au Tchad, à savoir( N’Djamena, Sarh, Doba, Moundou, laï , et Abéché). Il nous explique l’importance de la langue de signes .
1- Qui est Djerané Malachie ? Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous parler de votre parcours ?
Je m’appelle DJERANÉ MALACHIE, fils de feu Alladoum Samuel le président fondateur de l’Association Nationale des Déficients Auditifs au Tchad ANDAT et le Directeur fondateur des écoles spécialisées des sourds au Tchad, à savoir( N’Djamena, Sarh, Doba, Moundou, laï , et Abéché.
Je suis marié, père de deux enfants (tous garçons). Né le 17/08/1992 à N’Djamena, je mesure 1,80m. J’aime défendre la cause des personnes handicapées ( promoteur de l’inclusion)
Je suis un natif du mandoul occidental ( Bédjondo). j’ai fais mes études primaires à N’Djamena et Doba, secondaire à Laï et Moundou. mes études supérieures à l’ENSET/Sarh puis universitaire à Ngaoundéré. Je suis le SG de l’Association Nationale des Déficients Auditifs au Tchad ANDAT, par ailleurs coordonnateur du cercle des interprètes en langue des signes CILST, Éducateur spécialisé au Lycée Collège d’enseignement spécialisé des Sourds d’ardep-djoumal.
2- Comment avez-vous découvert la langue des signes et qu’est-ce qui vous a conduit à en faire votre métier ?
La langue des signes est d’abord ma deuxième langue maternelle ( j’ai appris dès bas âge en famille), car mon père est une personne malentende.
Après mes études je me suis dit, celui qui n’a pas mieux fait que son père a vécu inutilement. d’où j’épouse la vison de mon feu père Alladoum Samuel d’amener les personnes sourdes à leur insertion professionnelle, socio-économique et spirituel. Dès lors j’ai pris l’engagement de devenir un enseignant spécialisé, interprète et formateur en langue des signes pour l’inclusion dans la communication.
3- À quel moment avez-vous décidé de devenir traducteur en langue des signes ?
J’ai décidé de devenir un interprète et formateur en langue des signes en 2019, à ce temps, il y a un besoin de communication et d’interprétariat en langue des signes dans les conférences, formation, atelier et autres concernant les personnes handicapées, dont je me suis porté volonté d’interpréter ses événements pour l’inclusion des personnes sourdes.
4- Quelles formations ou expériences vous ont permis d’acquérir les compétences nécessaires à ce métier ?
La formation en langue des signes est héréditaire pour moi. car j’ai appris à bas âge, elle est ma 2e langue maternelle. puis après j’ai suivi juste une formation professionnelle sur l’interprétariat en langue des signes en 2015 pour attester ma connaissance en langue des signes.
5- En quoi consiste concrètement le travail d’un traducteur en langue des signes ?
Un interprète en langue des signes est un professionnel qui permet à des personnes sourdes et entendantes de communiquer entre elles.
Il traduit généralement : de la langue des signes vers une langue parlée ; du français parlé vers la langue des signes.
Il peut intervenir dans de nombreux contextes : école, université, hôpital, tribunal, administration, réunions, conférences, atelier, ou rendez-vous professionnels.
Il ne se contente pas de « faire des gestes » : il maîtrise une véritable langue, avec sa grammaire, son vocabulaire et sa culture, et doit restituer fidèlement le sens, le ton et les intentions des personnes qui communiquent.
6- Est-ce uniquement une question de maîtriser les gestes ou faut-il également comprendre la culture et les réalités de la communauté sourde ?
C’est les deux en même temps, il faut la maîtrise d’une véritable langue, avec sa grammaire, son vocabulaire et sa culture, et doit restituer fidèlement le sens, le ton et les intentions des personnes qui communiquent.
7- Dans quelles situations intervenez-vous le plus souvent : médias, conférences, éducation, santé, administration, justice ou autres ?
J’interviens dans de nombreux contextes : école, Médias, université, hôpital, tribunal, administration, réunions, conférences, atelier, ou rendez-vous professionnels etc.
8- Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes régulièrement confronté dans votre travail ?
On peut donc regrouper les difficultés de l’interprète en langue des signes en cinq grandes catégories : formation insuffisante, l’insuffisance d’interprètes, manques l’intégration des interprètes en langue des signes dans les médias publics, manque de financement et de matériel, difficultés institutionnelles et manque de sensibilisation à la surdité et à la langue des signes.
9- Pourquoi est-il important que les personnes sourdes puissent accéder à l’information dans leur langue ?
L’accès à l’information dans une langue accessible n’est pas un privilège : c’est une condition essentielle de l’égalité, de l’autonomie et de la participation à la société.
10- Comment se présente aujourd’hui l’accessibilité des services publics et des médias aux personnes sourdes au Tchad ?
On peut donc décrire la situation actuelle comme une accessibilité encore partielle et inégalement mise en œuvre : les droits et la nécessité d’inclusion sont davantage reconnus, mais l’accès systématique à l’information en langue des signes, au sous-titrage et à des services publics adaptés reste à renforcer.
Le principal enjeu n’est donc pas seulement de « parler des personnes sourdes », mais de leur permettre de recevoir directement l’information, de comprendre leurs droits et de communiquer avec les institutions dans une langue qui leur est accessible. Cela concerne particulièrement la santé, l’éducation, la justice, les démarches administratives et l’information citoyenne, et les médias.
