Santé : Des agents de santé en formation sur la lutte contre les épidémies au Tchad pour renforcer la riposte sanitaire

Face à la recrudescence des maladies épidémiques et aux défis persistants du système de surveillance sanitaire, un atelier de formation dédié à la détection et à la notification des flambées épidémiques s’est ouvert ce jeudi 16 avril 2026 au Cefod à N’Djamena. Une initiative organisée par le Ministère de la Santé et soutenue par des partenaires internationaux pour combler les failles et améliorer la réponse du pays aux urgences sanitaires.

C’est dans un contexte sanitaire préoccupant que s’est tenue la cérémonie d’ouverture de l’atelier de formation consacré à la détection et à la notification des flambées épidémiques. Organisée au Centre d’étude et de formation pour le développement (Cefod), cette session s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités nationales face aux menaces sanitaires.

Pour faire face aux risques mondiaux, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en place le Règlement Sanitaire International (RSI), un cadre juridique qui engage les États à développer des mécanismes efficaces de détection, d’évaluation et de riposte aux événements de santé publique, qu’ils soient d’origine biologique, chimique ou radiologique. Ce dispositif impose également aux pays de rendre compte régulièrement de leurs progrès.

Au Tchad, la situation reste marquée par une forte morbidité et mortalité. Le pays est confronté à des épidémies récurrentes telles que la méningite, la rougeole ou le choléra, auxquelles s’ajoutent de nouvelles menaces comme la COVID-19, le chikungunya ou encore la diphtérie. Malgré l’existence d’un système de surveillance couvrant 22 maladies et événements, des insuffisances majeures subsistent.

Une évaluation externe réalisée en février 2024 a révélé des défaillances significatives dans la notification des cas. Sur 203 cas de maladies évitables par la vaccination détectés, plusieurs n’avaient pas été signalés par le système national, notamment 78 cas de paralysie flasque aiguë et 86 cas de rougeole. Ces manquements compromettent la rapidité et l’efficacité des interventions sanitaires.

C’est pour remédier à ces lacunes que cet atelier, financé avec l’appui de la Banque mondiale à travers le Fonds de lutte contre les pandémies et de l’OMS, a été initié. Il vise à renforcer les compétences des participants sur les piliers essentiels de la Surveillance intégrée des maladies et de la riposte (SIMR), notamment la détection précoce, la notification rapide, la gestion des échantillons biologiques et la transmission en temps réel des données.

Par ailleurs, les autorités sanitaires insistent sur le rôle crucial du secteur privé, fréquenté par plus de la moitié de la population. Ces structures sont appelées à jouer pleinement leur rôle de sentinelles dans le système de santé, en contribuant activement à la remontée des informations sanitaires.

« Je vous exhorte à faire preuve d’assiduité et d’attention durant ces trois jours de travaux. Les compétences que vous allez acquérir ici sont cruciales pour protéger la santé de notre population », a déclaré la directrice générale adjointe de la santé publique, Dr Narassem Mbaïdoum.

À travers cette initiative, les autorités sanitaires et leurs partenaires entendent bâtir un système de surveillance plus réactif et plus performant. Un enjeu crucial pour anticiper, détecter et contenir efficacement les épidémies, dans un pays où chaque alerte peut faire la différence entre une crise maîtrisée et une catastrophe sanitaire.

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