
La persistance et la réapparition fréquente des épidémies de choléra au Tchad s’expliquent par la combinaison de facteurs structurels, environnementaux, géopolitiques et humanitaires.
Une grande partie de la population, particulièrement en zone rurale et périurbaine, s’approvisionne directement à des points d’eau non traités (fleuves, puits ouverts, marigots). La bactérie Vibrio cholerae se transmet principalement par l’eau et les aliments souillés.
Le faible taux d’accès aux latrines privées ou publiques favorise la défécation à l’air libre.
Lors des pluies, les excréments sont entraînés vers les cours d’eau consommés par les ménages.
La période des pluies entraîne régulièrement de graves inondations, ce qui mélange les eaux usées et les sources d’eau potable. Les bassins du lac Tchad, du Chari et du Logone créent des microclimats propices à la survie et à la prolifération saisonnière du bacille cholérique.
L’est du Tchad (Ouaddaï, Sila, Wadi Fira) fait face à des flux importants de réfugiés, notamment en provenance des conflits voisins au Soudan.
La surpopulation dans les camps, associée à des services de base saturés, crée un terrain idéal pour une propagation rapide. Les déplacements réguliers de personnes le long de frontières poreuses permettent à la bactérie d’être réintroduite depuis des zones voisines où le choléra est également endémique. La faible densité de centres de santé dans les zones reculées ralentit la prise en charge rapide des premiers cas.
Le choléra provoque une déshydratation sévère qui peut être fatale en quelques heures sans réhydratation. Le manque de kits de diagnostic rapide, d’infrastructures d’isolement et de ressources logistiques complique la détection précoce et l’endiguement immédiat des foyers épidémiques.
Les déplacements pastoraux et le commerce transfrontalier font voyager le virus d’une région à une autre. Sans accès suffisant à des kits d’eau et de traitement d’urgence durant les trajets, la transmission se poursuit le long des axes de déplacement.
