
Au Tchad, elles vendent des vêtements, transforment les produits locaux, tiennent des restaurants, font du commerce, fabriquent des savons, proposent des services de beauté ou se lancent dans l’agriculture. Elles sont partout, parfois discrètes, mais indispensables à l’économie familiale.
Pour beaucoup de femmes, entreprendre n’est plus seulement une ambition. C’est devenu une nécessité pour survivre, soutenir la famille et construire son indépendance.
Derrière chaque petit commerce se cache souvent une grande histoire. Une mère qui veut payer les frais de scolarité de ses enfants. Une jeune diplômée qui ne trouve pas d’emploi. Une femme qui refuse de rester les bras croisés en attendant une opportunité qui tarde à venir.
Quand l’emploi ne suffit plus à faire rêver
Trouver un emploi stable reste un véritable défi pour de nombreuses jeunes femmes. Face à cette réalité, certaines décident de créer elles-mêmes leur activité.
« Je n’ai pas commencé parce que j’avais beaucoup d’argent. J’ai commencé parce que je ne voulais pas dépendre de quelqu’un pour chaque besoin », confie une entrepreneure.
Cette phrase résume une réalité vécue par de nombreuses femmes : entreprendre devient une réponse au chômage, à la précarité et au besoin d’autonomie financière.
Avec quelques dizaines de milliers de francs CFA, certaines commencent par vendre des vêtements, des produits alimentaires ou des articles de beauté. D’autres utilisent leurs compétences pour proposer des services. Petit à petit, l’activité grandit, les revenus augmentent et, parfois, des emplois sont créés.
Pour beaucoup de femmes, gagner leur propre argent ne signifie pas seulement améliorer leurs revenus. C’est aussi pouvoir participer davantage aux dépenses du foyer, financer les études des enfants, aider leurs parents ou investir dans leur propre avenir.
L’argent gagné par une femme entrepreneure peut devenir une école pour un enfant, un toit pour une famille ou le capital d’une nouvelle activité. Mais derrière ces réussites se cachent aussi de nombreux sacrifices.
Certaines commencent très tôt le matin et terminent tard dans la nuit. Elles doivent jongler entre leur commerce, les responsabilités familiales et parfois l’éducation des enfants.
Le défi est donc double : faire fonctionner son entreprise tout en faisant fonctionner sa famille.
Si l’envie d’entreprendre est forte, les moyens restent souvent limités. L’accès au financement constitue l’un des principaux obstacles rencontrés par les femmes. Sans garanties suffisantes, certaines ont du mal à obtenir des crédits. D’autres commencent avec leurs propres économies ou grâce à la solidarité familiale et aux tontines.
Pourtant, avec un accompagnement adapté, une petite activité peut devenir une véritable entreprise. Les femmes ont besoin de financement, mais aussi de formation en gestion, de conseils, d’accès aux marchés et surtout d’un environnement qui leur permette de développer leurs initiatives. Elles ne veulent plus seulement survivre.
Aujourd’hui, de nombreuses femmes tchadiennes ne veulent plus se contenter de « joindre les deux bouts ». Elles veulent créer, investir, employer et grandir. Elles ne demandent pas seulement une place dans l’économie : elles sont déjà en train de la construire.
Chaque boutique ouverte, chaque produit transformé, chaque service proposé représente une pierre ajoutée à l’édifice économique du pays. La véritable question n’est donc plus de savoir si les femmes doivent entreprendre. Elles le font déjà.
La question est plutôt : comment leur donner les moyens de passer de la petite activité de survie à une entreprise durable et créatrice d’emplois ?
Car lorsqu’une femme entreprend, ce n’est pas seulement sa vie qui peut changer. C’est souvent toute une famille qui avance avec elle.
