Société : Divorcées, veuves ou mères célibataires; briser le tabou du jugement social pour honorer la dignité des tchadiennes​

Dans un Tchad en pleine mutation sociale, où le poids des traditions côtoie les aspirations de la modernité, un constat demeure amer, pour Fahima Mahamat Ismaïl présidente de l’association the Voice of hope, estime que le regard posé sur la femme reste trop souvent conditionné par son statut matrimonial.

Du quartier Moursal à Ridina, des provinces aux grands centres urbains, l’étiquette sociale colle encore à la peau de celles dont le parcours de vie ne suit pas le schéma classique. Un impératif s’impose, aujourd’hui, changer de regard et reconnaître enfin la valeur intrinsèque de chaque tchadienne. Selon elle, au tchad, être une mère célibataire, une femme divorcée, ou une veuve s’apparente trop souvent à un parcours du combattant.

Dans les causeries de foyer comme dans les conversations de rue, les préjugés et les jugements hâtifs vont bon train. Pour elle ,la société a vite fait d’imputer l’échec d’un mariage ou les aléas de la vie à la femme seule, oubliant que derrière chaque situation se cachent des blessures profondes, des épreuves silencieuses et des histoires d’une grande complexité.

Pourtant, qui peut prétendre connaître l’intimité des foyers ou les combats menés à huis clos avant de juger ? Condamner ou stigmatiser ces femmes revient à ignorer la réalité d’un quotidien fait de sacrifices.« La valeur d’une femme tchadienne ne se résume ni à son alliance, ni à son statut marital, mais à sa capacité à se tenir debout. » déclare t-elle.Des piliers invisibles de la famille et de l’économieLoin des clichés, la réalité du terrain montre une tout autre vérité.Les femmes seules, qu’elles soient veuves ou chefs de famille monoparentale, constituent la colonne vertébrale de nombreux ménages tchadiens.

C’est grâce à leur ténacité, à leur présence sur les marchés, dans l’artisanat ou le secteur informel, que des milliers d’enfants mangent à leur faim et suivent une scolarité.Elle affirme que, ces mères, qui cumulent le rôle de père et de mère, font preuve d’une résilience et d’une force de caractère remarquables. Plutôt que la pitié, la condescendance ou le rejet, c’est une admiration et un soutien sans faille que la collectivité devrait leur témoigner.Pour une révolution des mentalitésIl est temps de dépasser ces normes sociales étouffantes et de faire primer l’empathie, la compréhension et la bienveillance.

Le respect d’une femme ne doit plus être négociable ou subordonné à la présence d’un époux à ses côtés.Accepter chaque tchadienne telle qu’elle est, avec son histoire, ses victoires et ses épreuves, constitue le véritable test de la maturité d’une société. «Honorons la dignité de nos mères, de nos sœurs et de nos filles, car derrière le silence de chacune d’elles réside une force immense qui fait avancer tout notre pays.» Conclut-elle.

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