
Après deux jours d’échanges intenses, de travaux pratiques et de réflexions sur l’éthique professionnelle, la deuxième session de formation des journalistes sur le traitement de l’information judiciaire s’est achevée ce jeudi 14 Mai 2026 à École Nationale de Formation Judiciaire.
Placée sous le thème : « Comprendre la justice tchadienne et traiter professionnellement l’information judiciaire », cette formation organisée du 13 au 14 mai 2026 a permis aux professionnels des médias de renforcer leurs compétences sur les mécanismes du système judiciaire tchadien ainsi que sur les bonnes pratiques journalistiques liées aux affaires judiciaires.
Une initiative portée par Union des Journalistes Tchadiens en partenariat avec la fondation Hirondelle, dans un contexte où la qualité du traitement médiatique des affaires judiciaires devient un enjeu majeur pour la démocratie et les droits humains.
Durant les différentes sessions, les participants ont été formés sur plusieurs modules essentiels, notamment l’organisation et les principes fondamentaux de la justice tchadienne, le traitement professionnel de l’information judiciaire ainsi que les genres journalistiques adaptés à ce domaine sensible. Des exercices théoriques et pratiques ont également rythmé l’atelier afin de permettre aux journalistes d’appliquer concrètement les connaissances acquises.
Le président de l’Union des Journalistes Tchadiens, Abbas Mahamoud Tahir, a rappelé l’importance du journalisme judiciaire dans la consolidation de l’État de droit. Selon lui, une mauvaise couverture médiatique des affaires judiciaires peut avoir des conséquences graves sur la vie des citoyens, tandis qu’un traitement professionnel contribue à informer, sensibiliser et éduquer l’opinion publique. Le président de l’UJT a également insisté sur la nécessité pour les journalistes de préserver leur indépendance éditoriale face aux pressions et aux influences susceptibles d’altérer la crédibilité de leur travail.
« Vérifiez toujours vos sources et insistez pour avoir accès aux documents légaux. Cela doit être votre priorité. Vous devez également protéger les personnes vulnérables, notamment l’anonymat des mineurs, quelle que soit l’importance de l’affaire », a-t-il conseillé aux participants.
Les participants ont reformulé quelques recommandations à l’endroit des organisateurs et du gouvernement. Ils recommandent la garantie d’un accès équitable et transparent à l’information judiciaire pour les journalistes, dans le respect des lois en vigueur et le renforcement de la communication institutionnelle des juridictions à travers des points de presse réguliers et la désignation des points focaux.
« Nous recommandons aussi la mise en place des mécanismes d’assistance judiciaire afin de rendre effectif le principe de gratuité de la justice » souligne Saada Mahamat Kabir du média Tribune Écho.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large de la Semaine nationale de la liberté de la presse, une période consacrée à la promotion d’un journalisme responsable, éthique et professionnel au Tchad.
À travers cette formation, les journalistes tchadiens repartent désormais avec des outils renforcés pour couvrir les affaires judiciaires avec plus de rigueur, de responsabilité et de professionnalisme, dans un contexte où l’accès à une information fiable demeure essentiel pour la confiance entre la justice et les citoyens.
