Tontines: Quand les femmes transforment quelques milliers de francs en grands projets

Au Tchad, la tontine continue de séduire de nombreuses femmes qui y voient un moyen simple de réunir de l’argent, de financer leurs projets et parfois même de changer leur quotidien. Derrière les cotisations régulières se cachent des histoires de courage, de solidarité et de réussite.

Pour certaines femmes, économiser seule reste un véritable défi. Les dépenses quotidiennes, les charges familiales ou encore les imprévus rendent difficile la constitution d’une épargne personnelle. C’est dans ce contexte que la tontine apparaît comme une solution accessible.

Le principe est simple: plusieurs personnes s’engagent à verser régulièrement une somme déterminée. À tour de rôle, chaque membre reçoit la totalité des cotisations. Une organisation qui permet de transformer de petites économies régulières en un capital suffisamment important pour réaliser un projet.

Pour Madame Assane Diame, la tontine a été un véritable tremplin. Elle raconte avoir participé à une première tontine de dix personnes, avec une contribution de 50 000 francs CFA. Grâce à cette épargne collective, elle a pu acheter sa première moto.

Mais son expérience ne s’est pas arrêtée là. Elle a ensuite intégré une deuxième tontine réunissant 22 personnes, toujours avec une cotisation de 50 000 francs CFA. Cette fois, l’objectif était immobilier. << Cette tontine m’a permis d’achever deux chambres et un salon que j’avais construits chez mon père », témoigne-t-elle.

Pour elle, la tontine ne représente donc pas seulement une manière d’épargner. C’est aussi un mécanisme d’entraide qui permet aux femmes de concrétiser progressivement leurs ambitions.

Quand l’épargne devient une entreprise

L’histoire de Madame Clarisse illustre une autre facette de la tontine: son rôle dans la création d’activités génératrices de revenus.

Pendant plusieurs années, malgré son emploi, elle affirme ne pas parvenir à mettre suffisamment d’argent de côté pour réaliser son projet. Son entrée dans un groupe de tontine constitué dans son milieu professionnel va changer la donne.

Chaque membre cotisait 150 000 francs CFA. Grâce à cette contribution collective, Clarisse a pu réunir les fonds nécessaires pour créer son entreprise spécialisée dans la transformation des produits locaux.

Son parcours montre que la tontine peut aussi servir de point de départ à l’entrepreneuriat féminin. En obligeant les membres à respecter une contribution régulière, elle favorise une certaine discipline financière et permet de disposer, à terme, d’un capital conséquent.

Un système qui nécessite de la confiance

Malgré ses avantages, la tontine n’est pas sans risques. Les retards de cotisation, les difficultés financières d’un membre, les désaccords ou encore une mauvaise gestion peuvent fragiliser le groupe.

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